La voiture à turbine reste inextricablement liée au groupe Chrysler. Dès les années 30, les ingénieurs de la marque ont commencé à plancher sur l’adaptation de la turbine sur une automobile, mais les matériaux et la technologie n’étaient pas encore au point. Les affaires reprennent lorsque la Marine américaine confie à Chrysler la conception d’un turbopropulseur pour avion, fin 1945. Le contrat est dénoncé quatre ans plus tard, mais la firme au Pentastar ne jette pas l’éponge, et continue de travailler sur la turbine. Début 1954, Chrysler dévoile son premier prototype roulant, sous la marque Plymouth.
Sur le papier, la turbine ne présente que des avantages. De conception simple, elle compte cinq fois moins de pièces qu’un moteur à piston, nécessite peu de maintenance, ne vibre pas et fonctionne sur virtuellement n’importe quel carburant, que ce soit de l’essence, du gazole, du kérosène, de l’huile végétale ou encore… de la Tequila (le Président mexicain l’aurait paraît-il vérifié lui-même !).
Du coup, la turbine fait rêver… et l’on a tendance à minimiser ses défauts. Comme le temps de réponse à l’accélérateur, insupportable sur les premiers prototypes. Ou l’extrême chaleur des gaz d’échappement : mieux valait éviter de traverser la rue derrière une voiture à turbine ! La consommation était élevée et, en altitude, la turbine perdait de sa puissance (un comble !). Quant au bruit, il s’apparentait davantage à celui d’un aspirateur qu’à celui d’un avion de chasse. Pas facile à vendre, dans un pays colonisé par de glougloutants V8 ! Qu’importe, les ingénieurs travaillent à atténuer les défauts de la turbine et après la « Dream car » Turboflite, présentée dans tous les salons auto du monde, Chrysler décide en 1963 de confier une série de 50 voitures à turbine à des clients américains lambda à des fins de test grandeur nature. Produite en Italie chez Ghia, cette Chrysler affiche 130 chevaux et… 576 Nm de couple dès 0 tr/min.
Les 50 voitures sont prêtées à 203 utilisateurs pendant deux ans, puis elles feront le tour des expositions, universités et colloques… avant de finir pour la plupart au pilon. Dans les années suivantes, les nouvelles normes antipollution et deux chocs pétroliers donnent un coup de frein au projet. En proie à de grosses difficultés financières, Chrysler se voit contraint d’abandonner définitivement la turbine à la fin des années 70. La Chrysler-Ghia à turbine n’est plus qu’un lointain souvenir
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